La plaine de la Crau sèche est le dernier paysage de type steppique d’Europe occidentale, et la Crau verte, irriguée par le canal de Craponne, est façonnée par le pastoralisme et la production de foin. La terre de son sol, unique dans la région, a été propice au développement de constructions agricoles en pisé tout au long du XIXe siècle.
Cette technique est appelée tape, tapi ou tapia en Provence. Elle consiste à compacter la terre à l’état humide en fine couche à l’intérieur d’un coffrage.
Au départ de Moulès, l’atelier MARE a invité en 2022, habitant.e.s, professionnel.le.s du bâtiment et autres curieux.ses à parcourir la Crau verte, à la découverte de ses architectures vernaculaires délaissées et de ses paysages agricoles singuliers. Hubert Guillaud, membre de CraTerre, nous a retrouvé pour une conversation, ainsi, collectivement, nous avons échangé sur ce qui fait l’existence du territoire de la Crau, la nature de ses sols, riches en sable et galets roulés par l’ancien delta de la Durance, l’agriculture, la culture du foin et ses canaux d’irrigation, leurs berges pleines de cannes de Provence, l’élevage de moutons et de chèvres.
La balade a également permis d’échanger sur les évolutions qu’ont connues ces bâtiments, toujours utilisés pour certains, les pathologies apportées par les réparations au ciment, pas assez perspirant, et les conditions de conservation de ce patrimoine.
La marche, en alliant expérience physique du paysage, observation et ouverture à une mosaïque de récits, offre un outil de transmission autour de nos territoires habités.
En 2025, puis en 2026, nous avons partagé cette balade avec un groupe d’étudiants en master d’architecture à l’université d’Aix-la-Chapelle (Aachen). Venu d'Allemagne pour explorer les techniques constructives bio et géo-sourcé du pays d’Arles, cette balade pédagogique leur a donné un éclairage sur la genèse du territoire et de ses formes architecturales.